Cueillir le moment

cueillir-le-momentJ’ai longtemps eu tendance à penser que les petits enfants avaient besoin d’une présence plus importante de leurs parents que les grands. J’imaginais qu’en grandissant mon rôle de parent allait s’alléger (pas en terme de difficultés), que la « pointeuse de présence » serait remplacée par un planning moins serré…

Effectivement, les petits demandent une vigilance constante, une présence permanente, on ne peut pas relâcher l’attention à part quand ils dorment…

Quand mes enfants ont grandi et gagné en autonomie. J’ai soufflé. J’ai apprécié la première fois où l’aîné a pu se rendre seul à une activité, j’ai savouré mon premier footing pendant qu’ils bouquinaient tranquille à la maison, nous avons été soulagés de pouvoir sortir le soir sans coordonner notre agenda avec celui de la baby-sitter…

Mais j’ai réalisé qu’il était finalement plus complexe de trouver le juste temps à accorder aux enfants plus grands.

Se retrouver avec un petit après une journée passée chacun de son côté, c’est quasi instantané. Un gros câlin, une histoire, un chahut dans le bain, et hop ! Se retrouver avec un grand, c’est pas systématique et encore moins automatique. On peut facilement « ruiner l’ambiance » avec un menu qui leur déplait, une remarque « déplacée », un haussement de sourcil inconvenant ou tout simplement en ne faisant, ni ne disant rien. Et même quand l’ambiance est cordiale, on n’a pas l’équivalent du gros câlin ou de l’histoire pour se retrouver…

Un jour, une de mes mamans d’adoption m’a dit : «avec les grands, il faut savoir cueillir le moment». C’est tout à fait ça. Se rendre disponible quand l’un passe la tête par dessus votre épaule pour parler du collège alors que vous répondez à vos méls, attraper au vol la remarque lancée de manière anodine à propos d’un pote, prendre le temps d’aller écouter la batterie, accueillir leurs copains à l’improviste pour le déjeuner…

C’est difficile de cueillir le moment, c’est difficile d’adapter sa disponibilité tout en montrant qu’on n’est pas taillables et corvéables à merci, c’est difficile de trouver le juste équilibre. Car ils ne se livrent pas sur rendez-vous le soir à l’heure du dîner entre 20h et 20h29, ils ne parlent pas quand on est justement disposés à les écouter.

Cueillir le moment. Accueillir leurs questions. Recueillir leurs ressentis. Etre là, ici, maintenant et toujours, comme un phare, une balise, un point de repère…

Finalement le biberon du matin et l’histoire du soir, c’était plus facile à ne pas louper, mais ne le dites pas aux enfants !

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